La Chine a mis en place un contrôle strict sur l’exportation de ses modèles d’intelligence artificielle (IA) les plus performants, en particulier ceux classés parmi les 10 meilleurs mondiaux ou dotés de plus de 2 000 milliards de paramètres. Cette régulation vise également 23 technologies spécifiques telles que les grands modèles de langage (LLM), les agents IA, le design des processeurs à moins de 14 nanomètres et les architectures de centres de données (Le Monde).
Portée et exclusions des restrictions
Les restrictions s’appliquent à l’exportation directe des technologies IA avancées nécessitant une autorisation étatique. En revanche, les technologies open source, les dépôts publics ainsi que l’accès aux IA via applications, sites web, API ou services SaaS ne sont pas soumis à ces contrôles.
Par ailleurs, le ministère du Commerce chinois précise que le déploiement de tels modèles dans des infrastructures physiques à l’étranger est considéré comme une exportation de technologie, tandis que leur utilisation à distance via API, SaaS, interface web ou déploiements légers sur appareils locaux ne l’est pas (MOFCOM).
Enjeux stratégiques
Cette politique reflète des enjeux de souveraineté technologique et de sécurité nationale, car la maîtrise des IA les plus avancées conditionne la compétitivité économique et la domination technologique. En encadrant l’exportation, la Chine souhaite protéger ses avancées contre des usages ou transferts pouvant nuire à ses intérêts stratégiques.
Ce cadre réglementaire distinctif, qui sépare l’exportation des technologies physiques de l’accès dématérialisé, illustre une approche nuancée, conciliant ouverture partielle et contrôle rigoureux des technologies critiques.
